TENGRI, le bleu du ciel

Film français de Marie Jaoul de Poncheville

Avec Albina Imachova, Ilimbek Kalmouratov, Hélène Patarot, Aïbek Zhumabekov

Sortie le 28-04-2010
Grand Prix Festival de Cabourg 2009, Prix du Public Festival de Sarlat 2009, Sélectionné au Festival de Tunis 2009
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h36

 
 
   

Exode hippique

Après une ouverture « coup de poing » montrant l’arrestation nocturne d’un clandestin sur la plage de Calais, nous retrouvons l’expulsé, Temür, de retour au Kazakhstan, regagnant péniblement son hameau – quelques yourtes rassemblées sur un flanc de montagne kirghize – qu’il avait quitté plusieurs années auparavant pour travailler comme marin sur la mer d’Aral.
L’assèchement de celle-ci l’a forcé à rechercher, sans succès, du travail en Europe aboutissant à cette brutale reconduite à la frontière.
Le voici de retour parmi les siens, profondément entamé par ces échecs accumulés. Il y retrouve la belle Amira qui est (très) mal mariée à un ivrogne abruti et un amour fou réciproque ne tarde pas à rapprocher ces deux candidats au bonheur malmenés par la vie. Cet adultère affiché va forcer le couple à fuir la communauté qui ne peut tolérer leur attitude scandaleuse.

C’est le début d’une très longue chevauchée des amants qui cherchent à échapper au mari et à ses sbires lancés à leur poursuite.
Sous la protection du Tengri, la divinité des peuples nomades, ils espèrent trouver une terre libre où pourrait s’épanouir leur passion… Cette première partie de "Tengri" évoque les qualités du très réussi "Tulpan", autre film kazakh, primé à Cannes l’an dernier.

Malheureusement, nous ne sommes qu’à la moitié du film et la beauté des paysages traversés ne suffira pas à maintenir tendu un ressort dramatique qui s'épuise tandis que se succèdent les cavalcades répétitives : "Tengri" vire à "Bartabas chez les Kirghizes".
Alors que dans "Tulpan", l’histoire se déroulait sur une steppe désertique, ingrate et peu photogénique, l’invention permanente d’un récit mêlant humour et tragédie captait l’intérêt du spectateur jusqu’à une conclusion traitée dans un admirable plan-séquence. Ce n’est pas le cas dans "Tengri" où les amants, épuisés par les chevauchées dans des magnifiques décors montagneux, finissent enfin par semer leurs poursuivants en atteignant péniblement un col enneigé d’où ils aperçoivent jusqu’à l’horizon, non pas un Eden accueillant, mais d’autres montagnes abruptes qui ne semblent pas le lieu idéal du bonheur espéré. Etrangement, le couple semble satisfait par la découverte de ce paysage peu engageant… FIN.

Dotée d’une réelle maîtrise technique formée à l’école du documentaire et soutenue par de vaillants comédiens locaux, il n'a manqué à la réalisatrice qu’un scénario plus riche et mieux développé pour franchir aisément le col du long métrage.