Men in black 2
MIIB

Film américain de Barry Sonnenfeld

Avec Will Smith, Tommy Lee Jones, Lara Flynn Boyle

Sortie le 07-08-2002
 
   

Par Raphaël Lefèvre


Durée: 1h30

 
 
   

Jamais sans J et K

Une plantureuse créature venue des étoiles vient donner du fil à retordre aux MIB en réveillant une vieille affaire qu’on croyait classée. Le seul à en connaître les tenants et les aboutissants est K (Tommy Lee Jones) qui, non sans avoir été "flashé" (opération consistant à effacer des pans de mémoire pour préserver le secret des activités des MIB), mène une paisible retraite dans un bureau de poste de campagne, sans aucun souvenir de ses activités passées. On charge donc J (Will Smith) de "déflasher" K, pour qu’une fois de plus la Terre ne soit pas anéantie…

Avec le laborieux Wild Wild West, Sonnenfeld semblait avoir opéré un tournant en renonçant à se prendre pour Burton (La Famille Addams lorgnait avec assez de bonheur du côté de l’enfant terrible de Hollywood et l’on sentait encore l’influence de ce dernier dans le premier Men In Black — il suffisait de voir le générique et d’entendre la musique de Danny Elfman pour s’en convaincre) et en s’attelant à la fabrication de grosses machines hollywoodiennes bourrées d’effets spéciaux. Men In Black II constitue en quelque sorte un cocktail des deux tendances du réalisateur.

Comme toutes les suites hollywoodiennes, le film est "deux fois plus". Deux fois plus drôle, deux fois plus spectaculaire, avec deux fois plus d’effets spéciaux… C’est rarement deux fois mieux, car on tombe souvent dans l’excès qui rend les films indigestes. Ici, il faut avouer que c’est plutôt réussi. Grâce, entre autres, à l’irrésistible élégance et à l’humour si particulier des
Men In Black. Grâce aussi à l’excellente idée de départ : le tandem J & K n’est pas acquis dès le début du film. J est d’abord flanqué d’un acolyte dépressif dont il aura tôt fait de se débarrasser. Car de même qu’une suite de Men In Black ne peut s’imaginer sans Smith & Jones, le couple qui faisait la réussite du premier épisode, le salut de la planète ne peut se faire sans le duo gagnant J & K. Ce qui nous vaut une hilarante scène où J tente vainement d’expliquer à K qu’il est un ancien MIB. La suite du scénario, tout à la fois trop simple et trop compliquée, n’est guère qu’un prétexte à une heure et demie de pur délire intergalactique super classe, un peu gâté par une boulimie d’effets spéciaux numériques. Mais bon, c’est l’été et le film est sacrément bien ficelé, alors de quoi se plaint-on ?