Noise
Noise

Film américain de Henry Bean

Avec Tim Robbins, William Hurt, William Baldwin, Bridget Moynahan

Sortie le 25-11-2009
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h30

 
 
   

Alaaaarme Citoyens

 Harry Bean a entrepris une « trilogie des fanatiques » dont le premier chapitre -  Danny Ballint (2001) primé au Festival de Sundance - était consacré au fanatisme religieux traité sur un mode tragique. Après avoir écrit quantité de scénarios depuis cette époque, il revient à la réalisation avec NOISE, sorte de fable sympathique sur un fanatique du silence qui ne supporte plus les divers vacarmes dont New York est victime et décide d’agir en solitaire puisque la municipalité ne fait rien contre ces nuisances.

p> Le scénario rend un hommage nostalgique à l’esprit des classiques comédies américaines du temps de Frank Capra, lorsque le pot de terre triomphait toujours du pot de fer et que James Steward pouvait aller au Sénat. Aujourd’hui, Tim Robbins reprend ce personnage d’avocat, héritier de Don Quichotte, pour partir à l’assaut des différentes alarmes qui protègent ( ?) voitures en stationnement, magasins et autres appartements en se déclenchant inopinément, jour et nuit, ce qui lui pourrit la vie.

 Harry Bean reconnaît volontiers une part autobiographique : il avoue avoir lui-même sectionné de nombreux câbles de batterie et même passé une nuit en prison. C’est le point de départ de ce scénario tendance écolo qui récupère toutes les idées à la mode sur le réchauffement de la planète, la couche d’ozone, etc. mais sans arriver à structurer un scénario réellement crédible sur le conflit qui oppose un citoyen exaspéré à un maire stupide incarné par William Hurt, affublé d’une perruque rousse qui le rend méconnaissable. La minceur de l’argument rend difficile un développement de ce récit qui patine, se répète et multiplie les scènes de vandalisme anti-alarmes alternant avec les comparutions devant les tribunaux sans faire progresser l’action. Harry Bean hésite également sur le ton du film : Tim Robbins revêt un costume type Batman pour aller commettre ses sabotages, mais cette tentative comique n’est guère exploitée et le récit s’enlise à nouveau dans les multiples contraventions suivies de convocations devant le juge.

On se demande surtout pourquoi cet avocat aisé n’habite pas dans une banlieue résidentielle et silencieuse, ce qui règlerait son problème. Une brève séquence bucolique évacue cette solution sans arguments bien convaincants et notre masochiste peut retourner (avec bonheur ?) dans son enfer sonore new-yorkais. On imagine alors que la seule issue de ce cauchemar ne pourra être qu’une vie professionnelle et familiale brisée, seule conclusion logique et dramatique de cette histoire, mais l’inévitable happy ending conventionnel vient conclure cette fable trop étirée qui aurait mérité une fin moins paresseuse.