Mères et Filles

Film français de Julie Lopes-Curval

Avec Catherine Deneuve, Marina Hands, Marie-Josée Croze, Michel Duchaussoy, Jean-Ph. Ecoffey, Gérard Watkins, Nans Laborde

Sortie le 07-10-2009
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h45

 
 
   

Secets de famille

 Audrey est de retour dans sa famille après une longue absence au Canada. Elle retrouve son père et sa mère, Martine, qui est médecin dans la petite ville balnéaire qu’elle n’a jamais quittée. D’emblée, les relations entre les deux femmes apparaissent tendues et l’amour filial n’est guère au rendez-vous.

Devant cet accueil glacial - et fragilisée par une grossesse qu’elle n’ose pas annoncer aux siens - Audrey va visiter la villa inoccupée de sa grand-mère, Louise, où elle a passé une enfance heureuse et décide de s’y installer pour un séjour indéterminé. Louise est le grand mystère de cette famille : elle a quitté un jour le domicile conjugal, sans prévenir, et personne ne l’a jamais revue. Martine ne s’est jamais remise de la disparition de sa mère, ce qui explique peut-être son caractère difficile.

 En réaménageant la villa désertée, Audrey découvre dans la cuisine un vieux cahier de recettes de cuisine écrites par Louise, qui contient également une petite fortune en liasses de billets de cent francs. Audrey va tenter de découvrir quelle mystérieuse existence pouvait donc mener sa grand-mère avant de disparaître sans avertissement. Sur cette énigme que je me garderai bien de dévoiler, Julie Lopes-Curval nous propose un film subtil, construit sur de courtes scènes efficaces qui ont le mérite de se terminer dès que l’essentiel est dit. Un principe élégant évoque la grand-mère disparue sans faire appel aux flashes-back, mais en l’intégrant dans l’action, telle que l’imagine d’Audrey, si bien qu’elle nous apparaît aussi jeune que sa petite-fille et  plus jeune que sa fille, Martine, lorsqu’elle évolue, de nos jours, dans le déroulement du récit.

Cette histoire pourrait aussi s’intituler Grand-mère, mère et fille. Trois femmes, trois générations, trois époques : Louise, vouée aux tâches ménagère, se croyait « libérée » par l’irruption de l’électroménager ; Martine, elle, a pu choisir un vrai métier jusqu’alors réservé aux hommes ; Audrey, finalement paralysée par sa liberté illimitée,  hésite encore devant toutes les possibilités offertes de nos jours : rester ou repartir au Canada ? Garder ou non l’enfant qu’elle porte ? Tenter de vivre avec son géniteur occasionnel ? Que décider ?… Il faut dire, à sa décharge, que les divers portraits d’hommes que nous propose Julie Lopes-Curval dans son scénario ne faciliteront guère sa décision.