Singularités d'une jeune fille blonde

Film portugais de Manoel De Oliveira

Avec Ricardo Trêpa, Catarina Wallenstein, Diogo Doria, Julia Buisel, Leonor Silveira

Sortie le 02-09-0200
 
   

Par Elise Heymes


Durée: 1h03

 
 
   

Le dernier opus de Manoel de Oliveira, adapté d’une nouvelle d’Eça de Queiroz, est aussi singulier que son personnage féminin, qui est réalité et illusion à la fois. Un film qui oscille entre réalisme et romantisme.

Macario raconte à une inconnue l’étrange histoire d’amour qui l’a lié un temps à Luisa. Naît sous nos yeux, à travers deux fenêtres, un couple. Ce n’est pas seulement la rue qui les sépare, mais les circonstances de leurs vies. Deux objets de désir qui se regardent, se cherchent, se convoitent et vont se marier. Macario mène cette conquête non sans difficultés, tant il est malmené par son destin professionnel. Par la vie du monde, tout simplement. Oliveira filme la passion amoureuse avec une économie de temps et de plans, qui épouse pour mieux révéler, la contrainte qui freine, l’obstacle qui attise. Des contraintes et des circonstances, résultent austérité et réserve visuelles et narratives. L’agitation, le bouleversement intérieurs n’ont pas de place au milieu des convenances. Macario traverse, avec sa fougue, un décor empesé, immuable. Le film est court, mais si lent, qui intrigue jusqu’à sa chute : la fameuse singularité de la jeune fille. Puis la poupée se fige, brisée, et achevant de briser la parenthèse amoureuse.

Une ½uvre accomplie, où tout est contradiction, et où se mêlent donc étrangement douceur et douleur.