Whatever Works
Whatever Works

Film américain de Woody Allen

Avec Larry David, Evan Rachel Wood, Patricia Clarkson, Ed Begley Jr,

Sortie le 01-07-2009
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h32

 
 
   

Qu’est-ce qui coince dans le dernier opus de notre cher Manhattanien après sa longue (et réussie) escapade européenne ? Je reconnais que Whatever Works a reçu les éloges presque unanimes de la critique qui semblait ravie de retrouver, enfin, le Woody Allen des origines, avec sa diction balbutiante, ses aphorismes déconcertants et sa relation chaotique avec le sexe féminin. On sait que ce scénario dormait dans ses tiroirs depuis trente ans et qu’il l’a exhumé afin de faire face à son obligation ( ?) de nous offrir un film chaque année. Cette version new-yorkaise de l’Ecole des femmes ne manque évidemment pas de qualités mais elle est tellement datée des années 70 qu'elle dégage une impression de déjà vu qui frise parfois l’auto plagiat. S’il avait réalisé le film à cette époque, on peut imaginer que Woody aurait certainement interprété le rôle de ce Boris quadragénaire. Depuis plusieurs films, on apprécie sa sagesse de ne plus jouer les séducteurs – même maladroits - refusant une différence d'âge avec la partenaire qui va croissant. Mais alors, pourquoi faire appel à Larry David, comédien aussi âgé que lui, pour exécuter une imitation, même parfaite, de son personnage ? Pourquoi en faire un génial physicien nobelisable alors que, seul, un cinéaste (qui aurait fait La Rose pourpre du Caire, p.ex) pourrait avoir l’idée saugrenue de s’adresser ainsi au public de la salle ? Bref, pourquoi Woody ne s’est-il pas mis en scène tel qu'en lui même dans ce personnage de barbon ? Aucune de ces interrogations ne nous traverserait et nous aurions pu apprécier cette « oeuvre de vieillesse » avec la nostalgie qui convient devant le temps qui fuit.