Un Mariage de Rêve
Easy virtue

Film anglais de Stephan Elliott

Avec Jessica Biel, Colin Firth, Kistin Scott-Thomas, Ben Bernes

Sortie le 06-05-2009
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h36

 
 
   

Vertu légère

Les temps sont difficiles et, de nos jours, on finit par hésiter à entrer dans une salle de cinéma de peur d’en sortir encore plus meurtri  : crimes, violence, sort des immigrés, terrorismes divers, cancer, fin de vie, etc. la liste est longue des malheurs qui occupent désormais les écrans d’un industrie qui oublie trop souvent qu’elle pourrait être aussi un divertissement. Parfois, surgit une exception : on finirait par être honteux d’avoir pris plaisir au spectacle d’excellents acteurs débitant de brillantes répliques qui racontent une vraie histoire dans de beaux décors.

Je suis donc sorti de la projection de Un Mariage de Rêve en rasant les murs, de peur que ma bonne humeur ne me fasse remarquer par les passants maussades. En plus, circonstance aggravante, il s’agit de l’adaptation d’une pièce de théâtre d’un auteur léger, Noël Coward, qui était une sorte de Sacha Guitry britannique, vous voyez le genre. Eh bien, justement : allez le voir de plus près.

 Les massacres de 14-18 viennent de finir. Un jeune bourgeois british ramène dans le manoir familial une Américaine extravertie, plus âgée que lui, qu’il vient d’épouser sans avertir la famille. La mère et les s½urs tentent de masquer leur réprobation sous le vernis de l’éducation, quant au père, encore meurtri par le souvenir des tranchée, il est, sinon indifférent, du moins plus tolérant. Une guerre sournoise, faite de piques et d’allusions perfides, va donc s’installer entre toutes ces dames. Le sujet semble daté, mais il décrit parfaitement la révolution des m½urs des années vingt et le choc qu’a pu représenter l’intrusion du dynamisme américain dans une société conservatrice, choc dont les conséquences ont façonné notre mode de vie actuel. 

 Le réalisateur inattendu de ce film est Stephen Elliott dont on avait perdu la trace depuis Priscilla, folle du désert (1995). Il a réalisé ensuite deux films tombés dans l’oubli, puis un grave accident de ski l’éloigna des plateaux durant des années. Cette brutale interruption et son goût pour les road-movies dans le désert australien n’ont pas altéré sa capacité à signer une mise en scène élégante dans un manoir anglais, soutenue par de joyeux fox-trot d’époque qui complètent la restitution du climat des années folles. En ces temps « crisâtres », tous ces éléments font de ce Mariage de Rêve un divertissement réussi.