40 jours et 40 nuits
40 days and 40 nights

Film américain de Michael Lehmann

Avec Josh Hartnett, Shannyn Sossamon

Sortie le 10-07-2002
 
   

Par Clémentine Gallot


Durée: 1h35

 
 
   

Sex is tragedy

Dans ce film, il y a des catégories. Je m’explique. Il y a les mâles. Et les femelles. Et il y a ceux qui baisent (les beaux, les forts, les riches), et ceux qui ne baisent pas (les moches, les gros…). Puisqu’on est à Hollywood, on s’intéresse à la première catégorie (en plus, ça permet de choisir de beaux acteurs, et d’avoir plus d’entrées en salle). N’étant pas native d’Amérique, je ne saurais dire si le choix des personnages reflète une réalité ou s’il est totalement fantaisiste et relève de la science fiction. Quoi qu’il en soit, les hommes (jeunes ou vieux, sans distinction aucune) se valent tous : mâles en rut, l’écume aux babines, ils poursuivent les femelles, le téton frémissant, dans la jungle urbaine de San Fransisco.

Il semble normal aujourd’hui de faire dans la surenchère : plus de sang, plus de violence ou plus d’effets spéciaux. Ici, c’est plus de sexe, moins de cervelle (les deux étant inversement proportionnels).

Le beau Josh Hartnett interprète notre héros qui, à la suite d’une déception amoureuse, n’arrive plus à baiser correctement : après consultation de son frère (futur prêtre) il décide de s’abstenir pendant quarante jours. Le credo semble être " abstiens-toi et le ciel t’aidera ". Le tout, traité avec un sérieux inconcevable, tourne le plus souvent au grotesque. On atteint le summum du ridicule lorsque l’abstinence du héros est comparée au calvaire du Christ… A côté, American Pie fait figure de chef d’œuvre, tant ce film-ci, réalisé par le médiocre Michael Lehmann, repousse les limites de l’entendement à travers une exploration de la vacuité.

Vulgaire, crétin et misogyne, avec 40 jours et 40 nuits, on bat un autre record, celui de la nullité et de la connerie.