Total Kheops

Film français de Alain Beverini

Avec Richard Bohringer, Marie Trintignant, Daniel Duval

Sortie le 03-07-2002
Adaptation du roman de Jean-Claude Izzo
 
   

Par Clémentine Gallot


Durée: 1h30

 
 
   

Trois amis inséparables, Manu, Ugo et Fabio, sont amoureux de la même fille, Lole.
Vingt-cinq ans plus tard, on les retrouve.

Manu sort de prison et est abattu peu après. Ugo connaît le même sort. Restent Lole, la jeune fille d’antan (Marie Trintignant) et Fabio (Bohringer), qui, devenu flic, va immanquablement se mêler de l’affaire.

Le film mixe maladroitement enquête policière et vie privée.

Total Kheops est le titre du roman éponyme de Jean-Claude Izzo. J’ai discuté avec Jean-Claude Izzo de ce livre, il y a trois ans. Il est mort avant d’avoir pu voir cette adaptation. Peut-être cela vaut-il mieux.. Si je me fie aux souvenirs qui me restent du livre, il me semble que le film en restitue une image quelque peu déformée.

C’est dans la moiteur du Marseille d’aujourd’hui qu’Alain Beverini (Monsieur Cinéma de TF1) situe son premier long. Un polar qui se veut froid et détaché, mollement mené par un Bohringer traînant la patte et une Marie Trintignant dont les apparitions épisodiques nous laissent de marbre. Ne pas se fier au casting alléchant : au jeu faussement impersonnel de Bohringer, on préfère Thierry Lhermitte dans Une affaire privée. L’acteur est décevant en flic bourru-au-grand-cœur, Don Juan dont le succès et les conquêtes restent un mystère pour le spectateur. Pas de chance, on ne voit que lui. Le film souffre de lourdes séquences récurrentes de souvenirs de jeunesse, en technicolor, qui parasitent la narration. La machine tourne à vide : on finit par se désintéresser de cette enquête qui se traîne. Le désir d’humanité, cher au réalisateur, tourne court, seule la sobriété du livre est respectée. Les questions, ébauchées, sur la mafia et le financement des partis extrêmes, auraient mérité d’être développées.

A voir mon voisin de siège ronfler, j’ai eu la confirmation que ce polar au chloroforme était un vrai massacre, qui plus est, soporifique.