Un millier d'années de bonnes prières et La Princesse du Nebraska

Film américain de Wayne Wang

Avec Faye Yu, Henry O, Li Ling

Sortie le 30-07-2008
 
   

Par Elise Heymes


Durée: 1h23 & 1h17

 
 
   

Entre Orient et Occident

Deux visages à l’écran. Le premier, un peu abîmé par les déceptions, l’autre écarquillé par l’étonnement de la jeunesse. A travers ces deux portraits, Wayne Wang nous propose deux destins de femmes chinoises émigrées aux Etats-Unis. Il les croque à deux moments de la vie où se révèlent pleinement les doutes et les aspirations qu’implique la confrontation des cultures chinoise et américaine.

Yilan est une femme installée, qui vit dans une petite ville des Etats Unis. Sasha est une toute jeune étudiante à Omaha, dans le Nebraska. Divorcée, la première reçoit la visite de son père, originaire de Pékin. Tandis que la seconde, de retour de vacances à Pékin, se découvre enceinte et part visiter la ville de ses rêves, San Francisco.

Ces deux films à la facture simple, aux partis pris tranchés, semblent dialoguer, pour mieux nous suggérer la complexité des métissages qui font le monde d’aujourd’hui. Wayne Wang s’attarde sur ceux culturels et en explore les effets sur la psychologie. Il dépeint habilement, par son traitement de la temporalité et des lieux ainsi que la caractérisation des personnages secondaires, véritables révélateurs, l’enveloppe existentielle où évoluent ses deux héroïnes.
La fragilité de Sasha se heurte à la tension frénétique de San Francisco, où elle avance, entre désoeuvrement et nervosité, forte de l’indécision, du choix à faire. Elle essaie « d’aller de l’avant » comme disent les américains. Yilan est déterminée, presque refermée. Elle refuse l’attention tardive de son père, comme elle relègue leur passé chinois à l’oubli.
Le contraste entre les deux films souligne le sens critique du cinéaste. Avenir et passé se répondent, action et ressassement s’opposent, pour finalement s’achever sur de bons augures…