Night and day

Film coréen de Hong Sangsoo

Avec Kim Young-Ho, Hwang Soo-Jeong, Park Eun-hye

Sortie le 23-07-2008
En compétition au Festival de Berlin 2008
 
   

Par Elise Heymes


Durée: 2h25

 
 
   

Pour sa première réalisation hors de Corée, le cinéaste Hong Sangsoo s’est inspiré de l’année qu’il avait passée à Paris en 1991. Journal intime d’un Coréen plongé dans la culture occidentale, Night and day est aussi une chronique du désir et de l’amour naissant.

Pour échapper à une arrestation à Séoul, Kim Sung-nam prend le premier avion pour Paris. Il y est hébergé dans une pension tenue par un Coréen. Les jours, les semaines puis les mois passent, où ce jeune peintre promène d’abord son désoeuvrement dans la capitale, pour oublier l’absence de son épouse. Puis il fait la connaissance de deux jeunes femmes…

Cette pérégrination amoureuse autant que culturelle se profile progressivement comme la réponse nécessaire à une solitude impromptue. Paris devient le décor d’une découverte perpétuellement recommencée : Kim Sung-nam s’arrête pour observer tout ce qui se met en travers de son chemin. De même qu’il s’obstine à suivre celle qui joue à lui échapper. Film sur le désir de connaître et d’aimer, Night and day se calque judicieusement sur les brèves, avec ou sans chute, qui font avancer ou reculer ce passant déraciné. Et l’on voit particulièrement bien à l’écran le plan à l’oeuvre – recadrages latéraux,  zooms avant et arrière par exemple, ce qui accentue le jeu entre perte et trouvaille… de soi, des autres, de la direction ou décision à prendre. Car Kim Sung-nam se pose un cas de conscience que lui rappelle sa lecture de la bible : pécher ou ne pas pécher ? Parenthèse plutôt désenchantée donc, cette aventure parisienne n’en demeure pas moins lumineuse d’un bout à l’autre. Déjà complètement « dé-romantisée », dans des décors extérieurs comme intérieurs aux teintes neutres, la digression de  Kim Sung-nam s’achève dans le prosaïque : la chute peut décevoir…