WALL·E

Film américain de Andrew Stanton

Avec Philippe Bozo, Marie-Eugénie Maréchal

Sortie le 30-07-2008
 
   

Par Thomas Grascoeur


Durée: 1h37

 
 
   

WALL·E téléphone maison

Il y avait eu les jouets, les insectes, les poissons, les rats... L'animation 3D ne s'était pas encore attaquée à l'espace. C'est chose faite avec Wall·E, l'histoire d'un petit robot compacteur d'ordures, oublié sur une Terre devenue inhabitable.
Pour une fois, les studios Pixar ont failli réaliser une oeuvre d'art. Comme dans Le Monde de Némo, la première demi-heure est à couper le souffle. Le film s'ouvre sur un survol de New York à la West Side Story. Dans le scintillement apocalyptique d'un gigantesque nuage de pollution, les piles d'ordures compressées ont remplacé les gratte-ciels. L'humanité aisée s'est enfuie au bord d'une piscine interstellaire, en attendant que les robots nettoient la planète. Obèses, impuissants, les hommes passent leur vie allongés, gavés de pubs et de sodas, maîtres des machines mais esclaves de leur paresse. De la part des studios Disney, une attaque aussi directe contre la société américaine, la publicité, les médias et les villages de vacance est plutôt inattendue ! Dommage que le scénario ne soit pas aussi engagé que cette scénographie. Heureusement que ces quelques images provoquent une prise de conscience que même le happy-end ne suffira pas à effacer.
La fin du film, en réalité, appelle à une reconstruction de l'Amérique. En résumé, les hommes ont été chassés du paradis terrestre ; une plante (pas encore un arbre) signale cette Terre promise que Wall·E et sa copine Eve, les deux premiers habitants, vont leur permettre de reconquérir. Ils les invitent à retrouver les valeurs fondatrices des premiers colons, cultiver la terre, étendre la civilisation... Les hommes pourront alors récolter les fruits de leur travail, habiter à nouveau leur Terre, et... manger des pizzas. "American dream", quand tu nous tiens !
Kitchs, drôles, dans le parfum mêlé de 2001, E.T., et des comédies musicales des années 50... Les robots vivent leur vie... qui, somme toute, paraît plus amusante que l'avenir de l'humanité.