Soyez sympas, rembobinez
Be kind, rewind

Film américain de Michel Gondry

Avec Jack Black, Mos Def, Danny Glover

Sortie le 05-03-2008
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h34

 
 
   

Gondry Club

Le scénario délirant de Be kind, rewind démarre comme un cartoon de Tex Avery : dans un village de la périphérie new-yorkaise, un video-club est situé dans un vieil immeuble où naquit le grand pianiste de jazz, Fats Waller, immeuble que des promoteurs immobiliers comptent démolir.

Pour assister à la commémoration du quarantième anniversaire de la mort du musicien, le propriétaire de la boutique part en voyage et confie la boutique à son jeune employé qui n’est pas fut-fut. Un copain encore plus taré - obsédé par la C.I.A. et le F.B.I. - s’électrocute en voulant saboter une sous-station électrique, ce qui le magnétise et a pour conséquence catastrophique d’effacer toutes les cassettes VHS du magasin. Les clients mécontents rapportent les vidéos qui ne diffusent que de la neige. Nos deux lascars décident alors de refaire, avec les moyens du bord, des copies des blockbusters les plus demandés : SOS fantômes, Robocop, Les Parapluies de Cherbourg, Miss Daisy et son chauffeur, etc. Le résultat est grotesque mais ces nouvelles éditions ont un succès inespéré qui va décupler lorsque les habitants du quartier finiront par participer à la réalisation de ces remakes… On vérifie là que l’intérêt des films de Michel Gondry c’est de ne ressembler à aucun autre, comme ceux de Tim Burton qui fait certainement partie du même club.

Malheureusement, cette folie créatrice s’assagit et nous mène à une fin à la Frank Capra (tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil) dont la mièvrerie conventionnelle surprend après un tel feu d’artifices. Mais cette conclusion convenue ne parvient pas à effacer le plaisir que l’on a pris auparavant durant le déroulement de cette fable brillante et inventive.