No Country for Old Men

Film américain de Joel et Ethan Coen

Avec Tommy Lee Jones, Javier Bardem,Josh Brolin, Woody Harrelson, Kelly McDonald

Sortie le 23-01-2008
Sélection Cannes 2007
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 2h02

 
 
   

Tueur à gaz

Tout le monde peut se tromper et les frères Coen ne font pas exception à la règle. Abonnés au Festival de Cannes, ils donnent parfois l’impression de remettre leur copie annuelle à Gilles Jacob sans avoir eu le temps de se relire. Entre les nombreuses réussites comme Barton Fink, Fargo, The big Lebowski ou The Barber, se sont glissés des films nettement moins brillants comme Le grand Saut ou Ladykillers qui avaient quand même bénéficié de la sélection cannoise. Je crains que No country for old men n’appartienne à cette dernière catégorie. Thierry Frémeaux devrait peut-être proposer qu’un réalisateur n’aurait désormais droit qu’à deux sélections de façon à éviter l’incrustation permanente, un peu comme la Présidence des Etats-Unis qui n’admet que deux mandats successifs.

L’incontestable qualité du dernier film des frères Coen réside, à nouveau, dans la totale confiance qu’ils font à l’image pour raconter efficacement une histoire sur un écran : des dialogues minimalistes et une musique remarquable par sa discrétion décuplent, contrairement aux idées reçues, l’efficacité dramatique des étonnantes séquences qui ouvrent le récit, soutenues par l’humour macabre et décalé qui caractérise ce couple de cinéastes. L’intérêt jubilatoire du film repose également sur la composition de Javier Bardem qui incarne, avec la paupière lourde de Boris Karloff, un « tueur à gaz » que poursuit mollement le Texan Tommy Lee Jones qui ne se décide toujours pas, de film en film, à prendre sa retraite bien méritée de shérif. Devant ce déluge de morts violentes traité comme un cartoon de Tex Avery, on ne sait jamais si on assiste à un film d’horreur ou à une parodie de Mel Brooks, ce qui n’est pas très grave puisque c’est ainsi que les frères Coen imaginent le monde. Malheureusement, après ce début éblouissant, l’inspiration abandonne progressivement les scénaristes et les brothers semblent frappés par une sévère panne d’idées pour conclure cette histoire si bien commencée mais qui va s’évanouir dans une conclusion bâclée, paresseuse et décevante.