Nos souvenirs brûlés
Things we lost in the fire

Film américain de Suzanne Bier

Avec Halle Berry, Benicio Del Toro, David Duchovny

Sortie le 30-01-2008
 
   

Par Elise Heymes


Durée: 1h58

 
 
   

Après son très réussi After the Wedding, Susanne Bier est passée à la réalisation outre-atlantique. Le sujet de ces Souvenirs brûlés est certes intrigant, le jeu des acteurs convaincant, mais plus aucune trace de l’aspérité si caractéristique du style de la cinéaste.

La vie tranquille d’une famille unie s’écroule à la mort tragique du père. Audrey, la mère, se retrouve seule avec ses deux enfants. Elle fait alors appel au meilleur ami de son époux défunt pour l’accompagner dans ce deuil douloureux. Leur relation, complexe, entre haine et extrême complicité leur permettra, à elle ainsi qu’à ses enfants, de surmonter l’épreuve.

La société de production Mendes (American Beauty, Les Sentiers de la perdition) a confié ce scénario de Allan Loeb à Susanne Bier, en raison de son style habituellement « brut, en prise direct avec le réel ». S’il s’agit à nouveau d’un drame psychologique, où les liens humains sont mis en question, les images de Susanne Bier sont ici celles d’une superproduction américaine. C’est dommage car la relation qui fonde le film, entre Audrey et Jerry le toxicomane, implique des écarts, des contradictions, des nuances, qui n’apparaissent pas vraiment à l’image, tellement la mise en scène est « belle » ou « propre ». Nos Souvenirs brûlés est aussi une confrontation des deux sphères de la société américaine, largement séparées entre le haut et le bas, l’aisance et la misère, les personnes que l’argent protège du « Mal » et les autres, maladives et quasi au ban. Le film a le mérite d’annuler cette hiérarchie psychologique et sociale par le lien que constitue le personnage du père, une figure absente physiquement mais qui continue d’agir sur les deux héros. Ces derniers sont liés par leurs actions, qu’elles soient similaires ou inverses. Le deuil les fait cheminer côte à côte, l’une vers l’acceptation de la perte, l’autre vers la réintégration, forme de rédemption. « La catharsis, la guérison, l’amitié. Rien de plus » (Allan Loeb).