Wesh Wesh - Qu'est-ce qui se passe ?

Film français de Rabah Ameur-Zaïmèche

Avec Rabah Ameur-Zaïmèche, Ahmed Hammoudi, Brahim Ameur-Zaïmèche

 
   

Par Laurent Tessier


Durée: 1h23

 
 
   

b>Après avoir purgé une " double peine " (c’est-à-dire avoir purgé une peine de prison de 5 ans puis avoir été expulsé dans son pays d’origine, en l’occurrence l’Algérie), Kamel, la trentaine désabusée, revient " sans papiers " dans sa cité.
Il tente alors de retrouver du travail, une petite amie, une vie… au milieu de ce quartier violemment refermé sur lui-même, dont on suit quelques destins croisés : le petit frère de Kamel, ses amis et leurs histoires de deal, leur voisin camé, séropositif...

On connaissait jusqu’à présent la cité des Bosquets, à Montfermeil en Seine Saint-Denis, à travers les rubriques faits divers, ou à travers les allusions de quelques rappeurs. Pour la première fois, on la découvre de l’intérieur : vue, racontée et filmée par ses propres habitants. Le réalisateur de Wesh Wesh n’est pas un professionnel du cinéma, les acteurs (pour la plupart sa famille et ses amis) ne le sont pas non plus. Les rôles et les dialogues sont d’ailleurs personnalisés par chacun de ces jeunes, avides de " représenter " le plus fidèlement possible la vie de leur cité.

Film entièrement autoproduit, Wesh Wesh se veut indépendant, et pour reprendre le mot d’ordre du rap made in 93 : " authentique ". Qu’on ne s’attende donc pas à trouver dans ce film un propos irréprochable, politiquement correct. Le shit en tant que moteur d’une économie parallèle, la violence gratuite des jeunes et des policiers (qui sont, bien sûr, tous des salauds), le rôle de la femme dans la famille arabe, sont autant de thèmes traités sans angélisme.

Cependant, au-delà de l’aspect " reportage " du film, on se prend à s’attacher à ces jeunes de la cité, dont l’humour fait tantôt rire, tantôt froid dans le dos. Le scénario, solide, ménage quelques moments de fantaisie, de lyrisme (les scènes de golf, ou de pêche), ce qui permet de reprendre son souffle pendant cette heure et demie passée dans la cité des Bosquets.