Vent mauvais

Film français de Stéphane Allagnon

Avec Jonathan Zaccaï, Aure Atika, Bernard Le Coq

Sortie le 13-06-2007
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h30

 
 
   

Avis de tempête

On voit bien le principe qui a séduit ce nouveau nouveau venu pour tenter l’aventure d’un premier film : reprendre dans la dérision tous les schémas classiques des films d’action, du western au polar, du braquage aux poursuites en voiture. C’est une idée de départ alléchante, d’autant que ce Vent Mauvais ne souffle pas en Amérique mais sur un trou normand perdu dans les bourrasques et que le «héros», embarqué dans une aventure qui va le dépasser, n’est qu’un pauvre réparateur venu rétablir l’informatique d’une grande surface endommagée par la tempête.

Le scénario, qui flirte avec la parodie, est sympathique et il y a des moments où la mayonnaise semble prendre : lorsque la BX hors d’âge du héros est poursuivie par une VW bonne pour la casse, ou dans certaines scènes qui tournent court pour s’interrompre au moment où elles devraient se développer, ou encore dans la façon dont les «méchants» se montrent incapables de manipuler une arme ou de forcer un coffre-fort chétif. Jonathan Zaccaï rend attendrissant son personnage d’informaticien loser et Bernard Le Coq, en patron pourri, ne parvient pas à être vraiment antipathique. Au milieu de tous les hommes du pays accoudés au bar de ce saloon normand, Aure Atika incarne l’indispensable et mystérieuse vamp du film noir. Tout cela est à l’actif des intentions du réalisateur.

Malheureusement, Stéphane Allagnon n’a pas osé tenir ce cap humoristique jusqu’à la fin et il s’est cru obligé de résoudre une enquête policière dont personne ne se souciait. Le scénario abandonne alors le ton imprévisible qui en faisait l’originalité et, se prenant au sérieux, bascule dans une lourde série de résolutions d’équations pour aboutir à une sorte de happy end invraisemblable. Au passif, il y a également la construction générale de l’histoire entrelaçant de courtes scènes d’action avec de longues cartes postales sur les conditions météo locales qui n’insufflent guère de rythme au récit. Ce procédé, valable pour ouvrir le film, s’installe systématiquement, en suscitant un sentiment de monotonie qu’un soutien musical peu dynamique à la guitare n’améliore pas. Mais soyons patients : c’est le premier film d’un réalisateur qui semble avoir brûlé les étapes de la formation. Laissons lui le temps de mûrir.