Lettres d'Iwo Jima
Letters from Iwo Jima

Film américain de Clint Eastwood

Avec Ken Watanabe, Kazunari Ninomiya, Tsuyoshi Ihara, Ryo Kase, Shidou Nanamura, Nae

Sortie le 21-02-2007
Sélection au Festival de Berlin 2007
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 2h22

 
 
   

Océan pacifique!


Après avoir traité le débarquement sur l’îlot d’Iwo Jima, en février 1945, du côté des assaillants américains dans le récent Mémoires de nos pères, Clint Eastwood nous offre le contre-champ : l’attente et l’opiniâtre résistance des Japonais enterrés dans les tunnels qu’ils avaient creusés pour relier des cavernes réparties dans le massif montagneux. Son ambitieux projet de film diptyque est donc abouti.

On peut constater que, plus de soixante ans après la fin des hostilités, des tentatives de remise en question de l’Histoire officielle commencent à poindre, The Good German, de Steven Soderbergh, étant actuellement un autre exemple réussi.
Clint Eastwood l’explique clairement: « Dans ma jeunesse, il y avait les bons d’un côté, les méchants de l’autre. La vie n’est pas aussi simple, la guerre non plus. »

Après de spectaculaires scènes de débarquement, Mémoires de nos pères s’attachait surtout au sort des quatre soldats qui avaient dressé, pour un photographe, le drapeau américain au sommet de la colline d’Iwo Jima : l’image était devenue un symbole célèbre et les quatre G.I.s, rapatriés aux Etats-Unis pour la bonne cause, simulaient la prise de la colline et plantaient la bannière étoilée dans tous les stades du pays devant une foule enthousiaste qui achetaient des bons d’armement, but de l’opération. The show must go on…

Lettres d’Iwo Jima raconte le même massacre en s’appuyant sur le témoignage de centaines de lettres des assiégés retrouvées après la bataille et jamais parvenues au Japon. Il y avait une différence profonde entre les deux armées : chaque soldat américain pouvait espérer en réchapper et revoir son pays, tandis que les Japonais, kamikazes involontaires, savaient qu’ils étaient condamnés à périr sur cette île perdue au milieu de l’océan, puisque la reddition était exclue.

7000 Américains et 20000 Japonais ont perdu la vie sur le sable noir de ces plages volcaniques. 12000 corps d’innocents non identifiés y sont toujours.