Odette Toulemonde

Film français de Eric-Emmanuel Schmitt

Avec Catherine Frot, Albert Dupontel, Jacques Weber, Fabrice Murgia, Nina Drecq

Sortie le 07-02-2007
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h40

 
 
   

Tous azimuts

Déjà auteur à succès de nombreuses pièces de boulevard et de livres aux prétentions philosophiques, l’infatigable Eric-Emmanuel Schmitt aborde à présent le cinéma (pourquoi pas lui ?) avec une sorte d’autoportrait décrivant les affres d’un auteur à succès, Balthazar Balsan, méprisé par la critique mais encensé par une clientèle essentiellement féminine et de culture limitée. Cet écrivain morose comble paradoxalement de bonheur ses fidèles lectrices auxquelles il remonte le moral.

Lors d’une de ses nombreuses signatures – il passe plus de temps à signer qu’à écrire – le romancier (Albert Dupontel) fait la connaissance d’une de ses admiratrices éperdues, Odette Toulemonde (Catherine Frot), alors qu’il est plongé dans une profonde crise de doute sur son talent réel et sa vie conjugale. Par contre, désormais veuve, Odette dégouline de joie de vivre : elle a bien quelques petits soucis avec sa fille à l’adolescence difficile, mais tellement de satisfactions avec son fils, garçon coiffeur homo, qui est si bien dans sa peau. Youpi ! Après un suicide manqué, le malheureux Balsan (E.-E. Schmitt aurait pu avoir la délicatesse de choisir un autre patronyme) vient sonner à la porte d’Odette qui accueille, submergée de joie, cet intrus célèbre. Entre ces caractères nettement opposés que peut-il se passer ? Je sens que vous avez une petite idée… Si vous admettez pareil postulat, vous prendrez peut-être intérêt à la vie d’Odette Toulemonde. Sinon, vous trouverez que, malgré les envols successifs de son héroïne, le film ne décolle jamais et que le scénario repose beaucoup trop sur une mécanique éculée dont les rebondissements ne surprennent guère. Malgré les effets spéciaux datant de Méliès et les nombreux efforts chorégraphiques de Catherine Frot (tout le répertoire de Joséphine Baker y passe) la fantaisie n’est guère au rendez-vous, d’autant que le personnage d’Albert Dupontel plombe ces maigres tentatives par sa sinistrose incurable et contagieuse.