Mon frère se marie

Film suisse de Jean-Stéphane Bron

Avec Aurore Clément, Jean-Luc Bideau

Sortie le 31-01-2007
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h35

 
 
   

Mariage mixte

Recueilli à l’âge de trois ans par une famille suisse lors de l’exode des boat people du Viêt-Nam, Dung Nguyen s’apprête à se marier. Mais, depuis cette époque, sa famille d’accueil a explosé et le futur marié souhaiterait que sa mère naturelle, qui va venir pour la cérémonie, ne s’en aperçoive pas. Il va donc falloir reconstituer ce foyer disparu depuis longtemps, le temps de la visite.

Le sujet rappelle celui du Wedding banquet d’Ang Lee (1993) qui racontait la visite inopinée de parents chinois qui bouleversait la vie de couple de leur fils gay en l’obligeant à simuler un mariage hétéro conventionnel. Malgré (à cause de ?) son invraisemblance, le scénario d’Ang Lee, construit avec beaucoup plus de rigueur que celui de ce nouveau cinéaste, était une mine efficace de situations de comédie.

Venu du documentaire, Jean-Stéphane Bron a tenté de mélanger réalité et fiction et nous propose un récit dont l’incertaine tonalité (rires ou émotion? Reportage ou fiction?) soulève de multiples interrogations : pourquoi cette mère vietnamienne, qui semble vivre à l’aise, n’a-t-elle jamais vu (ou récupéré) son fils depuis vingt ans? Pourquoi son frère est-il aussi stupide? Pourquoi le récit est-il parsemé de fausses interviews qui cassent le rythme? Comment, après de scènes violentes et publiques, le couple reconstitué pour la frime peut-il continuer «à faire semblant» alors que personne n’est plus dupe ?

En vieux routiers expérimentés, Aurore Clément et Jean-Luc Bideau se sortent aisément des embûches de ce scénario car ils sont les seuls à affronter un conflit clair. Les autres personnages patinent davantage dans des rôles mal définis. Mais il s’agit d’un premier film, avec une recherche d’écriture personnelle et des qualités de ton. Laissons mûrir le talent de ce jeune cinéaste suisse qui tente de sortir des standards habituels.