Une grande année
A good year

Film américain de Ridley Scott
d'après

Avec Russell Crowe, Albert Finney,Marion Cotillard, Didier Bourdon, Abbie Cornish, Tom Hollander, Freddie Highmore

Sortie le 03-01-2007
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h58

 
 
   

Piquette

Ridley Scott qui a enrichi le cinéma spectaculaire de films comme Duellistes, Alien, Blade Runner, Thelma et Louise ou Gladiator mérite évidemment notre estime, de même que Russell Crowe dont les qualités d’acteur « physique » éclataient dans ce même Gladiator, Master and Commander ou L.A. Confidential. On pouvait donc, à juste titre, être alléché par cette affiche qui réunissait à nouveau ces deux talents du cinéma d’action.

Abandonnant les grandes fresques historiques qui l’ont mené des Croisés aux Marines de Mogadiscio, en passant par l’expédition de Christophe (Gérard) Colomb, ce réalisateur britannique - qui possède de longue date une propriété viticole dans le Luberon - a retrouvé son compatriote et voisin Peter Mayle, auteur du célébrissime best-seller "Une Année en Provence", et l’a convaincu d’écrire une sorte de comédie rurale qui aurait pour cadre cette région paisible et privilégiée. Why not ?

De ce sympathique projet est sorti un scénario mollasson qui fait la part belle aux clichés habituels sur la rivalité franco-britannique, la comparaison des météos locales et les m½urs alimentaires de chaque peuple. Dans une lumière dorée, la Provence devient une sorte de réserve dédiée à la bouffe et aux vendanges, tandis qu’à Londres des jeunes loups crispés enchaînent les coups de bourse sous un ciel gris et froid. Une inévitable bluette sentimentale tente de structurer cette improbable histoire de succession sur fond de cartes postales touristiques, mais il apparaît surtout que Ridley Scott et Russel Crowe ne soient guère doués pour la comédie. Ce n’est pas en filmant une Smart en accéléré que l’on donnera du rythme à une histoire qui en est dépourvue, et ce n’est pas en accumulant chutes, tics et grimaces « rigolotes » que le comédien insufflera de la fantaisie à un personnage morose. Il y a des acteurs comme Russell Crowe ou Alain Delon qui ne sont à l’aise que dans le registre dramatique, nobody is perfect. De même Ridley Scott, qui a le sens de l’épopée, semble perdre tous ses moyens devant un coucher de soleil sur le Luberon. Enfin, pourquoi étirer sur deux heures ce fragile scénario écrasé par une inépuisable musique ? Il aurait dû mieux écouter le conseil que répète inlassablement Albert Finney à son petit-fils : « Le secret d’une comédie réussie, c’est le timing ». Oh oui !