Les Infiltrés
The Departed

Film américain de Martin Scorsese

Avec Leonardo du Caprio, Matt Damon , Jack Nicholson, Mark Wahlberg

Sortie le 29-11-2006
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 2h30

 
 
   

Combat de taupes

On connaît l’exceptionnel talent de Scorsese, depuis plus de trente ans, pour exprimer la violence brutale qui jaillit, sans prévenir, au c½ur de scènes apparemment paisibles. Une dernière illustration en est donnée par ce nouveau film, les Infiltrés, qui sidère, une fois de plus, par sa virtuosité dans tous les domaines : interprétation, montage et mise en scène. Il s’agit, comme toujours, d’une sombre histoire de bandes rivales italo-irlandaises pourchassées par la police et le FBI. Mais l’originalité du récit vient de l’infiltration des deux camps par deux jeunes « taupes », chacune cherchant à identifier « l’autre » : Costello (Jack Nicholson), le chef vieillissant de la pègre, a préparé de longue date un jeune garçon, Colin (Matt Dillon), en le prenant en charge jusqu’à son engagement dans les unités spéciales chargées de lutter contre le banditisme d’où il pourra faire du renseignement efficace. Simultanément, Billy (Leonardo di Caprio) qui vient lui aussi d’être intégré dans la police, est chargé par ses chefs d’infiltrer le gang de Costello en se faisant passer pour un jeune voyou qui sort de prison. Inspiré par Infernal Affairs, polar tourné à Hong Kong, Scorsese a transporté l’action à Boston où la pègre irlandaise était encore récemment très active. Avouons qu’on ne sent guère l’ambiance bostonienne wasp dans cette série de règlements de comptes qui paraît se dérouler dans les classiques décors des bars et des entrepôts new-yorkais. Au bout de deux heures, l’histoire semble bouclée et on se demande que peut bien nous réserver la dernière demi-heure. C’est là que Scorsese passe la surmultipliée et nous offre un feu d’artifice final et shakespearien prouvant que lui, au moins, sait terminer un film et nous désaltérer jusqu’à la dernière goutte.