Severance (Rupture)

Film anglais de Christopher Smith
James Moran

Avec Dany Dyer, Laura Harris, Tim McInnery, Toby Stephens, Claudie Blakley, Andy Nyman, Babou Ceesay

Sortie le 18-10-2006
 
   

Par Henri Lanoë


Durée: 1h37

 
 
   

Hongrie d'effroi

Seuls les amateurs de films de terreur devraient trouver leur compte dans cette histoire qui montre quelques cadres britanniques réunis par leur direction afin d'éprouver leur esprit d’équipe, allant passer un week-end dans un chalet perdu au milieu de la forêt hongroise traversée par les ours et le souvenir de Nosferatu… Comme toujours dans ce type de récit, le petit groupe est composé d’un panel incluant des caractères typés et bien différenciés. Voilà le pitch pour les accros.

Quant aux autres, dont je suis, ils se demandent pourquoi notre société - qui se décrit comme un modèle universel de civilisation malheureusement menacé par des terroristes sanguinaires– marque un tel penchant pour filmer minutieusement des actes de barbarie qui devraient envoyer immanquablement leurs auteurs purger une peine de perpétuité dans les pays où la peine de mort est abolie.

Depuis Délivrance, le week-end qui tourne mal est devenu une unité de temps dont le cinéma d’horreur se repaît fréquemment. Les auteurs de Severance (titre clin d’½il à John Boorman) désiraient renouveler le genre en y introduisant de l’ironie et de l’humour, mais leur dosage est tellement infinitésimal que le résultat n’est guère à la hauteur de leur espérance : il est, par exemple, difficile de s’esclaffer lorsqu’on voit un de ces malheureux, premier d’une longue hécatombe, se faire péniblement arracher la jambe par les mâchoires d’un piège d’acier. Nous sommes loin des parodies assumées de Mel Brooks qui s’attaquaient, dans les années 70, à tous les genres cinématographiques. Je me doute que là n’était pas le projet de Christopher Smith, mais la lourdingue musique qui souligne chaque collure brouille encore plus les pistes et ne laisse vraiment aucune chance aux discrètes velléités humoristiques du réalisateur. A moins que le compositeur, pour ne pas être en reste, ait voulu parodier également Bernard Herrmann ? Le propos général est tellement équivoque qu’on n’est plus sûr de rien… Voilà pourquoi on ne peut recommander Severance qu’aux amateurs impénitents qui ne se poseront pas ces questions oiseuses.