Swing

Film français de Tony Gatlif

Avec Oscar Copp, Lou Rech, Mandino Reinhardt

 
   

Par Clémentine Gallot


Durée: 1h30

 
 
   

Max a 10 ans, de grands yeux bleus innocents, la frimousse piquetée de taches de rousseur, il est en vacances chez sa grand-mère. Au hasard d’une promenade, il tombe amoureux du jazz manouche et s’éprend de Swing, jeune gitane à l’air mutin, beauté rebelle et yeux d’un noir profond. Il se lie d’amitié avec Miraldo, un gitan virtuose de la guitare, qui veut bien lui donner des cours.

Après le succès de Gadjo Dilo en 1997, Tony Gatlif continue de revendiquer ses origines gitanes et pose sur " les gens du voyage " un regard juste : le film est vu à travers la vision des deux enfants, s’affranchissant ainsi des a priori et de la compassion. Il est toujours périlleux de tenter l’authentique : on risque de glisser à chaque instant dans le pittoresque, le film "ethnique", le faux documentaire voyeur sur les misères du monde.

La musique est le souffle porteur du film : héritiers de Django Reinhardt, guitare nerveuse, violons, chants yiddish emportent le spectateur conquis par la frénésie et le rythme endiablé. Fable joyeuse, entraînante, invitation à la fête : la musique est une ouverture, une liberté, l’affranchissement d’un monde étriqué. Le film prend aussi la forme d’un récit initiatique à travers ces pays inconnus que sont la musique et l’amour. Cela donne lieu à quelques belles envolées lyriques qui nous plongent parfois dans un rêve éveillé.

La rencontre fugace de ces deux cultures est jolie ; mais le scénario un peu mince manque vraiment d’originalité.

C’est bien connu, la musique adoucit les mœurs : on en sort heureux, mais pas forcément convaincu.