Melissa P.

Film italien de Luca Guadagnino

Avec Maria Valverde, Fabrizia Sacchi, Primo Reggiani, Nilo Mur

Sortie le 20-09-2006
 
   

Par Esther Castagné


Durée: 1h40

 
 
   

Le sexe à 15 ans : infantilisme et perversion

Melissa a 15 ans, elle est très amoureuse du beau Daniele, un salaud plus âgé qu’elle qui s'offre tout ce qui est à peu près "baisable" et le jette ensuite. Il profite de l’innocence de Melissa, l’humilie, brise ses rêves de petite fille. Il l'initie au sexe, et elle aime ça ! Alors elle fait tout pour se rabaisser : elle fait ce que les mecs veulent d’elle, deux, trois, cinq, on s’en fout, au contraire ; elle va sur Internet, saute sur le premier venu, n’importe quand, n’importe où.

Cette prétendue descente aux enfers complaisante et fashion a d’abord été racontée dans un livre signé de la main même de Melissa P., qui s’est, pour l’occasion, improvisée écrivaine. Et oui, elle doit faire partie de ces gens qui croient qu’écrire est à la portée de tous et que ses histoires de cul nous intéressent.
Le plus tragique, c’est qu’elles ont tout de même intéressé un pathétique éditeur à la recherche de ventes chocs et un cinéaste voyeur, frustré ou peut-être tout simplement lui-même exhibitionniste. Et c’est cette mixture indigeste et sans intérêt qu’on doit avaler pendant plus d’une heure et demie. Alors, à moins que vous ne soyez excités par les gamines en rut si mal dans leur peau qu’elles sont prêtes à faire des fellations les yeux bandés à une tripotée de mecs inconnus dans un lieu improbable (et si vous vous refusez à aller voir un psy), allez voir cette chose que j’ai du mal à décorer du nom de film. Je sais qu’on vit dans un monde sans tabous aujourd’hui et qu’il faut être le plus transgressif possible pour se croire "fun" et moderne : c’est ça ou être has been.
Ces pauvres chéris conditionnés qui obéissent aux diktats des modes et tendances en se croyant originaux feraient bien de lire Sade ou Les Liaisons dangereuses pour voir qu’il y a fort longtemps d’aucuns étaient libertins et assouvissaient leurs fantasmes et autres perversions avec autrement plus de style et d’élégance !