Sur mes lèvres

Film français de Jacques Audiard

Avec Emmanuelle Devos, Vincent Cassel.

 
   

Par Marina Klimoff

 
 
   

Peut-être avez-vous vu la bande-annonce, et vous vous êtes dit : "ça a l'air pas mal, j'irai peut-être le voir". Mais finalement vous n'y êtes pas allé. Le dimanche, c‘est détente, et on va voir des petites comédies qui font rire à tout bout de champ. Pour ceux qui se reconnaissent : lisez ma critique jusqu'au bout.

Sur mes lèvres, c‘est l'histoire de Carla (Emmanuelle Devos), une secrétaire exploitée par son employeur. En plus de ça, elle est malentendante. Son boss, qui voit bien qu'elle a du mal, lui propose d'engager quelqu'un pour l'aider. Elle accepte. C'est elle qui est chargée de trouver son assistant. La voilà partie à l'ANPE, comme si c’était une agence matrimoniale. Elle va profiter de ce moment pour choisir son homme… L'homme "qui présente bien" débarque dans sa vie. C'est un ex-taulard (notre cher Vincent Cassel), qui est déterminé à reprendre goût à la vie. Elle va essayer de l'aider. C'est là où apparaît le slogan "il va lui apprendre les mauvaises manières, elle lui apprendra les bonnes". Mais si on analyse bien le film, après réflexion, on ne sait plus trop qui apprend les bonnes et qui apprend les mauvaises. Carla essaye d'aider Paul, qui, lui, essaye de lui apprendre à se défendre des préjugés. Forcément il va y avoir de la bagarre !

Qui aurait un jour pensé à demander à une sourde d'aller trouver un magot pareil grâce à sa prothèse auditive ? Eh bien, Jacques Audiard l'a fait. C'est ce qui se passe dans ce polar au scénario plus extravagant que jamais. Rempli de scènes formidables, comme celle de la stimulation d'orgasme sur les toits, ou celle dans le studio de Paul où elle trouve le billet d'avion, ou encore toutes les séquences chez elle, lorsqu'elle essaye des chaussures, ou se met nue devant son miroir (il aurait été bien de plus insister là dessus, ça aurait donné un plus au film), ou encore la scène d'amour finale dans la voiture uniquement tournée en gros plans, on se fait embarquer à bord d'une machine, où l'issue de secours est fermée… Mais repense-t-on vraiment à la bande-annonce lorsqu'on est pris dans un tourbillon pareil ? Un tourbillon d'images (formidables gros plans), de sons (merci à Marc-Antoine Beldent pour son travail qui renforce l'isolement de Carla) et de personnages, qui nous prouve une fois de plus que les acteurs français sont vraiment de bons acteurs...