Marie-Antoinette

Film américain de Sofia Coppola

Avec Kirsten Dunst, Jason Schwartzman

Sortie le 24-05-2006
 
   

Par Anaïs Jurkiewicz-Renevier


Durée: 2h03

 
 
   

Nuit blanche à Versailles

La reine d’Autriche, voulant sceller l’union franco-autrichienne envoie Marie Antoinette, à peine 15 ans, à la cour de Versailles pour épouser le dauphin Louis XV. Gamine, étrangère, isolée, mariée à un homme qui préfère le plaisir de la chasse aux devoirs conjugaux, elle s’habitue petit à petit aux fastes et au luxe.

Une figure historique peu aimée des français, travaillée par Sofia Coppola, cela ne pouvait mener qu’à un résultat explosif. Franc, sincère, le film Marie-Antoinette n’a d’historique (presque) que le nom. En effet, pouvait-on seulement s’attendre à de l’authentique, alors que Marie-Antoinette, gracieusement ronde est incarnée par la svelte Kirsten Dunst ? Voir Marie-Antoinette en le restreignant à son contexte historique, et donc en s’attachant à des détails incongrus comme une paire de baskets abandonnée dans un plan, c’est n’avoir pas tout saisi de l’esprit de Sofia Coppola. Tout dans le film est prétexte. De la figure historique au ridicule de la Cour (qui permet à Coppola de signer un film aux tendances parfois plus légères que les précédents), en passant par l’opulence et l’apparat du château de Versailles, qui n’ont presque plus de signification historique et permettent juste à la réalisatrice de planter un décor fastueux, cossu, frivole. La force du film, donc, n’est pas d’être un film historique anachronique et insolent. Marie-Antoinette est avant tout un portrait intimiste.

Une grande majorité des scènes se compose de gros plans sur Kirsten Dunst ou de plans la montrant isolée. Alors forcément, beaucoup sont tentés de reprocher au film ses longueurs. Non… Sofia Coppola prend simplement son temps pour nous montrer l’évolution d’une fille qui devient femme. Son film n’est rien de plus ni de moins que cela. Comme dans Lost in Translation et Virgin Suicide, Coppola peint un portrait de la Jeunesse haut en couleur, en cultivant l’art de la précision et du traitement intelligent des détails. Une complicité saisissante.

En outre, la musique hétéroclite (pop, rock, menuet…) et l’alternance de plans brefs et très longs donnent un rythme complexe à l’image. En somme, Marie-Antoinette est un portrait intimiste, intelligent ; l’ambiance du film donnerait presque envie de croquer dans cet univers unique.