Mission : Impossible 3

Film américain de Jeffrey Abrams

Avec Tom Cruise, Ving Rhames, Philip Seymour Hoffman.

Sortie le 03-05-2006
 
   

Par Clémentine Gallot


Durée: 2h06

 
 
   

La troisième jeunesse de Tom Cruise

Jeune retraité des services secrets, l’agent Ethan Hunt/Tom Cruise va reprendre du service. Mais tant de bonne volonté ne sied pas à tous : Hunt deviendra le jouet de sa propre organisation.

L’ouverture du film vous met au parfum : deux types sont prêts à s’étriper à propos d’une « patte de lapin » ( ?) – ce début glaçant et loufoque laisse présager une franche rigolade. Mais ce troisième opus est prenant : jeux de miroirs et renversements sont orchestrés par le téléphage J.J.Abrams, créateur des séries Lost et Alias, qui sait donc accrocher le clampin. Mission : Impossible 3, fignolé et accrocheur, sauve la mise. Moi-même, que ne me suis-je gaiement tortillée en écoutant le générique délicieusement ringard ?-

Successeur habile de Brian de Palma et John Woo, Abrams se joue des codes et ne nous prend pas pour des ballots. Il a pris de soin d’entourer notre héros d’un Laurence Fishburne, le Morpheus de la CIA, et d’un Philip Seymour Hoffman en gangster dégoûtant. Mais cet attrayant casting est à mettre en tension avec le surhomme reverdi qui lui fait face.

Car en vérité, toute notre curiosité se porte sur Tom Cruise, dont les frasques – on l’a vu plus d’une fois se démenant comme un beau diable sur les écrans de télévision - en ont laissé pantois plus d’un. L’heure du rachat a sonné : Cruise actionne d’une main la production de cette mission imposable, et de l’autre joue, crapahute, trifouille d’impayables gadgets, sue, embrasse sa femme, ricoche sur les toits. Spécimen remuant, détenteur d’une éternelle jeunesse, Tom Cruise, irradié des bienfaits de la Scientologie semble effectivement rajeunir jour après jour. L’Eglise de Scientologie, qui administre la carrière de l’acteur, se trouve vraisemblablement derrière le scénario idéologique de M :I 3 qui doit coller pile poil avec les transactions matrimoniales de l’acteur. Heureuse coïncidence, le caractère promotionnel de cette oeuvre devrait ainsi, aux yeux du public, donner le change sur sa vie privée.

Il faut sauver le monde, d’accord, mais la famille et le couple décidément, c’en est trop.