V pour Vendetta

Film américain de James McTeigue

Avec Natalie Portman, Hugo Weaving, Stephen Rea

Sortie le 19-04-2006
Ecrit par Larry et Andy Wachowski
 
   

Par Morgane Perrolier


Durée: 02h10

 
 
   

V pour Vaseux

Londres, 2020. Alors que les Etats-Unis ont sombré dans la guerre civile et sont ravagés par de terribles épidémies, la Grande-Bretagne retrouve son statut de première puissance mondiale. Devenu un Etat totalitaire, elle se heurte soudain à l’appétit de vengeance d’un de ses citoyens. Connu sous le nom de V, le justicier masqué invite la population à un sursaut démocratique et trouve bientôt un relai efficace en la personne d’Evey, jeune journaliste en manque de militantisme politique.

Adaptation de la bande dessinée d’Alan Moore et de David Lloyd, V pour Vendetta se donne à coeur joie dans le messianisme politico-futuriste foutraque, adaptant le récit du cartoon (écrit au début des années 80, alors que la dame de fer sévissait en Angleterre et que les dernières secousses de la Guerre froide inquiétaient la planète) au contexte politique contemporain. Multipliant les références historico-littéraires (de 1984 au Comte de Monte-Cristo, en passant par des extraits de Shakespeare ou des discours de Malcolm X), le dernier bébé des frères Wachowski fait aussi implicitement référence à des événements récents (le contrôle exercé sur les médias par les politiques n’est pas sans évoquer les manoeuvres d’un Berlusconi, et les ‘Articles d’Allégeance’ du chancelier Sutler rappellent les ASBOs d’un Tony Blair ou le Patriot Act d’un Bush). Mais ce n’est pas tout : entre deux plans, voilà que le spectateur reconnaît les images des attentats londoniens de juillet 2005. Utiliser le documentaire pour rendre la fiction crédible et inviter le quidam à s’interroger sur la société dans laquelle il vit : pourquoi pas ? Gênant, toutefois, quand le discours antitotalitaire se mêle à une revendication du terrorisme comme mode ultime de contestation, expression jouissive de la liberté de chacun (quel plaisir de voir ce cher Big ben exploser en un joyeux feu d’artifice). Refuser l’injustice et résister à l’oppression, bien sûr, mais détruire gratuitement l’un des symboles (le Parlement) d’un ordre démocratique censé être pourtant âprement défendu… Bref. A défaut de cautionner toutes les thèses défendues par le film, reconnaissons au moins à V pour Vendetta, dans un contexte post-11 septembre pour le moins répressif, son impertinence. Peut-être salutaire ?