Wassup Rockers

Film américain de Larry Clark

Avec Jonathan Velasquez, Francisco Pedrasa, Milton Velasquez

Sortie le 05-04-2006
 
   

Par Anaïs Jurkiewicz-Renevier


Durée: 1h46

 
 
   

Favelos Angeles

Jonathan, Kiko, Spermball et leur bande de joyeux ados punks et latinos vivent à South Central, un ghetto de Los Angeles. Refusant la culture hip-hop et les baggys dominant au ghetto, ils portent des jeans moulants, font du skate et écoutent de la musique punk. Un beau jour, ils décident de partir en vadrouille dans le quartier riche de Beverly Hills

Loin d’un Ken Park cru ou d’un Kids cruel, le dernier film de Larry Clark s’attache à un argument simple pour dépeindre avec justesse une adolescence qui ne trouve pas sa place. Désignés comme marginaux par les « blacks » de leur ghetto, ces jeunes goûtent un bonheur qui tient à trois fois rien : un escalier pour « rider », un canapé pour se poser et boire une bière...

Larry Clark met en place un récit hétéroclite : il nous invite d’abord dans leur quotidien : dans une première partie de film, quasi-documentaire, où les acteurs jouent leur propre rôle, on les voit skater, faire de la musique,  draguer.
Puis, transition brutale : ils quittent le ghetto. Le film quitte alors ses longueurs pour devenir une espèce de comédie assez grotesque, où les clichés sont outranciers. Image d’une Amérique que l’on connaît très bien par les médias : séparation absolue du ghetto et de la villa, du riche et du pauvre. 
La dernière partie se présente comme la signature artistique finale. Tout au long du film, le réalisateur s’attache au gros plan : une bouche, des mains, des regards… La dernière partie sera consacrée à une mise en valeur de différents plans artistiques. Larry Clark parvient donc à mêler trois genres différents dans un film qui prend finalement sens dans une unité globale.
Ici, les lambins ne sont pas dégénérés comme ceux des anciens films du réalisateur, ce qui nous permet de nous attacher à eux. L’émotion est de mise, et même si les longs plans sur les figures de skate et la musique punk de fond peuvent lasser, Larry Clark parvient à dresser le portrait autant psychologique que charnel d’adolescents doux et casse-cou.