Showtime

Film américain de Tom Dey

Avec Eddie Murphy, Robert de Niro, René Russo, William Shatner, Mos Def.

Sortie le 24-04-2002
 
   

Par Laurent Tessier


Durée: 1h35

 
 
   

Deux flics à Los Angeles. L’un est blanc, c’est un vieux dur, il a des principes et de l’expérience. L’autre est jeune, noir, inexpérimenté, fringuant et marrant.

Tout les oppose au départ, mais finalement, face au méchant trafiquant d’armes venu des pays de l’Est, ils ne feront plus qu’un (Les afro-américains : oui. Les yougos : non. Ils trafiquent, ils sont arrogants, en plus ils ne savent pas parler anglais correctement et leur accent est définitivement rédhibitoire). Devant tant de finesse, on pense immédiatement à l’Arme fatale et oui, bingo : c’est bien la même équipe de cerveaux (producteurs et co-scénaristes), qui nous avaient déjà gâtés avec le quatrième opus des aventures de Riggs et Murtaugh, et qui " remettent ça ".

Signe des temps oblige, ces deux flics ne sont pas réunis par le hasard mais par la magie d’un reality-show, censé décrire la vraie vie quotidienne du LAPD, alors qu’il use et abuse de toutes les ruses pour travestir l’info en spectacle (attention : satire sociale). Le film mêle ainsi perpétuellement les clichés des films policiers aux scènes " authentiques ", en multipliant plus ou moins habilement les clins d’œils à différents degrés. Car Showtime n’est pas Truman Show, et la critique des médias sert ici essentiellement de prétexte à une série de gags et de performances d’acteurs : William Shatner, jouant par exemple son propre rôle d’ancien de la série policière Hooker, et apprenant à De Niro à se comporter comme un " vrai flic de télé " etc…

Du point de vue de " l’efficacité ", le film atteint tous ses objectifs : Showtime, même s’il est sans doute plutôt destiné à un public jeune, se révèle effectivement souvent drôle, l’action est savamment dosée, les cascades et les explosions sont à leur place, le duo Murphy/de Niro fonctionne assez bien et pour une fois, on n’assiste à aucun déballage de bons sentiments patriotico-consensuels à la fin du film. Bref, " on ne s’ennuie pas ".

Les fans d’Eddie Murphy seront donc sans doute plus comblés par cette digne suite de 48 heures et du flic de Beverly Hills, que ceux de Robert de Niro (qui ont de toute façon arrêté depuis longtemps de croire à son retour à de vrais rôles…).