Romanzo Criminale

Film italien de Patricia Plattner

Avec Kim Rossi Stuart, Pierfrancesco Favino, Claudio Santamaria, Anna Mouglaglis, Stefano Accorsi

Sortie le 22-03-2006
Interdit aux moins de 12 ans
 
   

Par Anaïs Jurkiewicz-Renevier


Durée: 2h28

 
 
   

Sex and drugs and politic

Alors que les Brigades rouges bouleversent l'Italie, un gang de petits délinquants décide de conquérir les bas-fonds de la Rome des années de plomb. Grâce à la rançon d'un kidnapping, ils vont pouvoir mettre en place une organisation criminelle qui régnera pendant 25 ans. Une histoire inspirée de faits réels.

Gros fusils, règlements de comptes sanglants, soirées arrosées, filles en porte-jarretelles, un peu de coke, un flic en échec : tous les éléments les plus stéréotypés sont réunis pour un film attrayant sur la dépravation. Seulement, Romanzo Criminale, le dernier film de Michele Placido ne se résume pas à une forme simpliste « bad guys et prostituées ». C'est certes un film de gangsters, mais le réalisateur mêle avec aisance différents styles : film noir, film politique… Le mélange n'est pas grossier, au contraire : la violence reste sobre et le sexe n’est pas vulgaire. Plus encore, le film ne stagne jamais et nous surprend par sa finesse psychologique. Alors que quelques événements troublants de l'histoire de l'Italie se déroulent sur fond d'images d'archives, l’histoire et la psychologie des personnages évoluent : ils croisent le chemin des Brigades rouges, s’allient avec la mafia, se font manipuler par les services secrets de l’Etat tout en mûrissant et prenant conscience de la situation politique. Tous ne se révèlent pas forcément être ceux que l’on pensait… Les interprètes, excellents, ne cherchent pas à nous en mettre plein la vue. Petit désagrément du film : la musique. Assommer le public à coup de « Voulez-vous coucher avec moi ce soir » ou autre merveille digne de films d’action basiques, voire de boîtes de nuit était un mauvais pari de la part du réalisateur. Un peu de rock’n’roll n’aurait pas été sans nous déplaire. Sur (presque) tous les plans, le film montre donc finesse, lucidité, profondeur et fougue qui lui donnent un petit quelque chose que le cinéma italien ne nous avait pas montré depuis longtemps et en font un chef-d’½uvre à ne pas manquer.