Lord of war

Film américain de Andrew Niccol

Avec Nicolas Cage, Jared Leto, Ethan Hawke

Sortie le 04-01-2006
 
   

Par Alicia Fischmeister


Durée: 2h02

 
 
   

Une balle en plein coeur

Emigré ukrainien aux Etats-Unis, Yuri Orlov se rend vite compte qu’il va devoir trouver autre chose que le restaurant familial s’il veut réussir sa vie : il se lance donc dans le trafic d’armes, et devient l’un des plus gros dealers mondiaux. Une fiction à travers laquelle Andrew Niccol dénonce le commerce de l’armement.

Le réalisateur de Bienvenue à Gattaca et de Simone se lance dans le pamphlet, et il a bien raison. Lord of war n’est pas un documentaire façon Cauchemar de Darwin, et pourtant, il est impossible de ne le regarder que comme une fiction. Sur fond historique (la Guerre Froide, le conflit libérien…), Andrew Niccol nous explique comment un type pas plus méchant qu’un autre arrive à se remplir les poches en répondant au deuxième besoin humain après celui de nourriture : le besoin d’armes. La logique de Yuri est simple : ces guerres ne sont pas nos guerres, nous ne pouvons rien faire pour les arrêter, alors pourquoi ne pas faire en sorte qu’elles nous enrichissent un peu ? On en viendrait presque à se demander où est le mal là-dedans. D’autant plus que ceux qui se posent trop de questions finissent mal, comme Vitaly, le frère de Yuri, qui ne se relèvera pas de sa brève coopération.

Interprété avec brio par Nicolas Cage, le personnage de Yuri illustre donc bien l’inéluctabilité des conflits armés, en y ajoutant même une pointe d’humanité qui fait froid dans le dos. Face à lui, Jack Valentine (Ethan Hawke), flic d’Interpol, passe son temps à courir après les preuves pour le faire inculper. La figure de Jack est essentielle : elle intervient juste au bon moment, pour nous faire prendre conscience qu’on avait commencé à s’attacher au trafiquant d’armes. Elle permet aussi de mettre un visage sur la constatation qui s’impose face à l’ampleur de cette industrie de guerre : malgré toute la bonne volonté du monde, il n’y a pas grand-chose qu’on puisse faire.

Tel est le message du film, pessimiste comme un Bowling for Columbine; mais sur certains sujets, un petit coup de crosse entre les omoplates est parfois bien nécessaire, et donné par Andrew Niccol, il est on ne peut plus efficace.