Rue des plaisirs

Film français de Patrice Leconte

Avec Laetitia Casta, Patrick Timsit, Vincent Elbaz

Sortie le 13-02-2002
 
   

Par Clémentine Gallot


Durée: 1h30

 
 
   

Le bon, la pute, et le truand

1945, c’est la fermeture des maisons closes, les dernières heures de " travail " pour Marion, nouvelle venue, et P’tit Louis, son protecteur, qui l’aime sans retour. Ainsi soit-il au pays de Patrice Leconte, dans la continuité de La fille sur le pont, enchaînant ici d’insupportables clichés, tant au niveau de la narration (" Ah, c’était le bon temps… ") que sur le fond : les putes romantiques qui rêvent de chanter au music-hall, et les hommes asexués qui ne veulent que leur bonheur… Tout cela sent le déjà-vu.

Leconte a beau dire qu’il " ne cherche pas à être réaliste ", que c’est " l’imaginaire qui l’intéresse ". Soit. Mais si les personnages sont invraisemblables, ils sont également d’une platitude à pleurer, proches de la mauvaise photocopie : Vincent Elbaz dans le rôle pitoyable du bellâtre fadasse, Laetitia Casta, insignifiante, quoique plus convaincante en prostituée qu’en chanteuse, Patrick Timsit, agaçant dans son rôle de rejeté, livré à lui-même dans ce décor de pacotille.

Les plus belles scènes sont sans doute les intérieurs dans le bordel : là, le talent de Leconte prend toute son ampleur, la caméra glisse, virevolte jusqu’à en donner le tournis, ou s’attarde sur les corps qui se découpent dans la pénombre. Les apparitions de la délicieuse Catherine Mouchet et de Samuel Labarthe ne suffisent malheureusement pas à rattraper cette machine engluée, qui tourne à vide. A quand un nouveau " Monsieur Hire " ou un autre " Ridicule " ? On aime bien Leconte, on n’a pas envie de lui faire de peine, et pourtant…

Dès les premiers instants, une image fugitive révèle la fin du film et, en effet, on aurait dû quitter la salle tant qu’il en était encore temps. Quand Leconte s’ennuie, tout le monde en profite. Fuyez donc l’étreinte mortelle de Laetitia Casta et l’assoupissement qui vous est promis !