Panic room

Film américain de David Fincher

Avec Jodie Foster, Forest Whitaker et Jared Leto

 
   

Par Christophe Chauvin


Durée: 1h48

 
 
   

Après avoir gagné ses galons de bon (voire très bon) réalisateur, on attendait un bon (voire très bon) film de David Fincher !

Malheureusement, on peut dire que les fans du metteur en scène (dont je fais partie !) seront plus ou moins déçus. Cette fois-ci, Fincher reste toujours dans le même style, le thriller (à part Alien III, on peut dire que ses trois autres films en étaient), mais choisit la difficulté en respectant scrupuleusement (à part le début, dans la rue) l’unité de lieu, de temps, et d’intrigue. En l’occurrence, l’action se situe dans un hôtel particulier construit par un ancien milliardaire, où s’installent une mère divorcée et sa fille. Au moins 500 m2 rien que pour elles, avec " panic room " intégrée : cette " chambre de panique " en question est une pièce blindée avec système de surveillance haut de gamme et installations ultra-sophistiquées en série, qui sert à s’isoler en cas d’intrusion dans la maison. Et pas de chance, les nouvelles propriétaires vont devoir s’en servir dès le premier soir ! En gros, un scénario assez banal et sans grosse surprise.

Mais alors pourquoi apprécie-t-on néanmoins cette Panic Room ? Premièrement, parce que le réalisateur, après le déjanté et extrémiste Fight Club, s’impose avec ce huis clos les règles strictes du théâtre et arrive honorablement à nous captiver pendant près de deux heures. Deuxièmement, parce qu’on a plaisir à admirer la mise en scène gratuite mais tape-à-l’œil de Fincher, dont la caméra, au contraire des personnages, peut traverser murs et planchers, et se faufiler dans les moindres interstices de la maison. Et enfin, parce qu’on ne peut pas louper un film avec Jodie Foster, la plus française et douée des actrices américaines, qui, comme à son habitude, s’est définitivement appropriée le rôle (censé être joué par Nicole Kidman, blessée au moment du tournage) et est impeccable en femme énergique faisant face aux cambrioleurs, notamment Forest Whitaker (qui se fait trop rare). En un mot, un film efficace, visuellement très beau (normal, c’est Darius Khondji à la photo !!), mais un peu trop conventionnel ! Dommage.