Lonesome Jim

Film américain de Steve Buscemi

Avec Casey Affleck, Liv Taylor, Mary Kay Place

 
   

Par Alicia Fischmeister


Durée: 1h30

 
 
   

SOS famille en détresse

Jim, la trentaine, est de retour chez lui après plusieurs années passées à Manhattan à promener des chiens. Fauché, incapable de trouver sa voie, il ne trouve pour dernier recours que le foyer familial, où son frère aîné déprime et où ses parents dirigent toujours leur petite usine. Un soir, il fait la connaissance de la jolie Anika, jeune infirmière qui va finalement parvenir à remettre un peu de sourire dans sa vie.

Pour son troisième film, l’acteur-réalisateur Steve Buscemi nous propose la peinture d’une petite famille aux Etats-Unis, sur fond de dépression chronique. Un frère neurasthénique, divorcé, coach d’une équipe de basket qui n’a pas marqué un seul panier de la saison, vivant toujours chez ses parents (pour qu’ils subviennent aux besoins de ses deux filles). Un père qui s’affale devant la télé à peine rentré du travail ; un oncle qui se sert des colis expédiés depuis l’usine parentale pour trafiquer de la drogue. Le portrait le plus soigné est de loin celui de la mère : adepte du positivisme américain à outrance, elle tente vainement de se cacher le désespoir de ses fils. Si son amour maternel étouffant et son enthousiasme infatigable tournent parfois au ridicule, elle s’impose vite comme le pilier le plus solide de cette famille dont tous les autres membres ont baissé les bras depuis longtemps.
Quant à Jim, admirablement interprété par un Casey Affleck faisant déjà de l’ombre à son frère Ben, il fait figure d’adolescent en crise, avec sa voix geignarde, ses éjaculations précoces et son mépris pour le foyer familial. Seule une femme peut lui faire regagner la surface : c’est Liv Taylor qui s’en charge. L’intérêt qu’elle lui porte n’est pas spécialement réaliste, mais son personnage de jeune femme responsable apporte un peu de stabilité à cette famille qui prend l’eau, et son fils qu’elle traîne partout ferait presque passer Jim pour un père plausible.

Avec Lonesome Jim, Steve Buscemi n’a donc clairement pas eu l’intention de faire un film joyeux, mais il emploie une belle sensibilité à cerner les causes et les effets d’une famille qui n’a pas pris, tout en essayant de montrer à travers son personnage central que chacun a en soi les armes pour mener une vie heureuse.