Nous étions soldats

Film américain de Randall Wallace

Avec Mel Gibson, Madeleine Stowe, Greg Kinnear

Sortie le 17-04-2002
 
   

Par Eric Dagiral


Durée: 2h19

 
 
   

Qu’en dire, si ce n’est l’ennui profond et la fatigue endurés à la vision d’un spectacle harassant (long déluge sonore), qui tente avec force violence de vous enrôler sur le terrain des opérations ?

Peut-être vainement préciser qu’il s’agit de la énième tentative de reconstitution d’un épisode de " la guerre du Vietnam ", au début de l’engagement américain dans des contrées qui avaient déjà connu l’opposition à l’armée française - épisode qui voit les troupes US emporter de haute lutte une bataille particulièrement acharnée.

Préciser du coup que cette peinture plus triste que grotesque laisse la part belle au débordement de sentiments victorieux, au mépris du reste, autant dire de tout. Car là où le dessein du film est odieux, c’est qu’il tente de faire croire au spectateur incrédule qu’il dénonce cette boucherie, l’absurdité des affrontements entre hommes qui, quoique si différents, ont un cœur, une épouse qui les attend, parfois même des enfants. Tel est bien sûr le cas de Mel Gibson qui en a beaucoup, sans compter sa femme aimante et courageuse ; un rôle taillé à la serpe. Figure du Héros, du Père, du Sauveur et du Gardien – du campement perdu, des Etats-Unis, de l’Eglise, des Valeurs. Lieutenant-colonel valeureux, il parviendra à tenir les commandes d’une lutte qui chaque seconde se proclame ultra-réaliste mais qui ne parvient jamais à exister de manière un tant soit peu crédible. Les balles sifflent ainsi autour de l’homme debout, pendant que ceux qui doivent mourir meurent. De quoi oublier les rares moments quelque peu touchants que déroule le film.

On aurait du mal à faire le tour de la galerie de personnages caricaturés à l’extrême (le chef adverse, le major, le journaliste), emportés dans ce gigantesque hymne réactualisé à la gloire, à la bravoure et au dépassement, opportunément marqué du sceau de la commémoration patriotique.

Où comment, " d’après une histoire vraie " et 35 années écoulées, faire à la fois dans la thérapie de groupe et dans la propagande pure. C’est absolument stupéfiant.