Ralph
Saint Ralph

Film canadien de Michael McGowan

Avec Adam Butcher, Cambell Scott, Gordon Pinsent, Jennifer Tilly

Sortie le 26-10-2005
Grand Prix du Festival du film de Paris, Prix du public London Film Festival
 
   

Par Esther Castagné


Durée: 1h38

 
 
   

Aide toi, le ciel t'aidera

1954. Ralph est un jeune adolescent truculent qui n'arrive pas à s'intégrer au système sévère du prestigieux collège Saint Magnus. Déjà orphelin de père, il voit sa mère tomber dans un coma profond. Seul un miracle peut la sauver. Il décide donc d'y croire.

Ce film est fractionné et rythmé par la référence à divers saints (Sainte Rita, Saint Jude, …) en fonction de la chronologie de l'intrigue. Ceux-ci semblent protéger ou inspirer notre héros dans son dur combat. La dimension religieuse de Ralph – occultée par la traduction française du titre – est primordiale : il est en quelque sorte un martyr et un saint et son chemin de croix prend la forme du mythique marathon de Boston tandis que sa profession de foi peut apparaître comme blasphématoire. Elle n'advient qu'à l'occasion de la maladie de sa mère qu'il veut 'égoïstement' garder près de lui (et soustraire à Dieu) et du fait de sa puberté qui réveille ses pulsions sexuelles et lui fait éprouver un désir croissant pour une jeune dévote de son collège. Le réalisateur réussit à rendre assez habilement l'évolution du personnage et son rapport particulier à la religion. Il est intéressant de voir comment ses héros (Ralph et son protecteur Père Hibbert) s'éloignent du dogme pour préserver la foi et se rapprocher de la vérité. à l'inverse, McGowan condamne le rigorisme borné du Père Fitzpatrick qui règne sur l'établissement. Si le style de ce jeune réalisateur ne frappe pas par son inventivité ou sa maîtrise, son histoire, elle, est habilement construite et pas si prévisible. En outre, le film bénéficie d'un bon casting et notamment de la belle prestation de Jennifer Tilly en infirmière ange-gardien. Entre anges, apôtres, saints et disciples, Ralph est en bonne compagnie.