Wallace et Gromit : le mystère du lapin garou

Film américain de Nick Park
Co-réalisateur: Steve Box

 
   

Par Anaïs Jurkiewicz-Renevier

 
 
   

Cours lapin, cours!

On connaissait déjà l'humour tordu de Nick Park, créateur de Chicken Run, et des célèbres personnages de Wallace et Gromit : Wallace, inventeur déluré, amateur de crackers et de fromage, et son fidèle chien Gromit, féru de tricot. Un couple de pâte à modeler original, qui avait déjà fait son apparition dans plusieurs courts métrages : Une grande excursion, Un mauvais pantalon et Rasé de près. Les voilà pour la première fois sur grand écran, façonnés pendant 5 ans par leur "papa", plus déjantés que jamais, mêlés à un scénario excentrique.

Les deux compères s'essaient à la chasse pacifique de lapins dévastateurs de légumes. Une gageure, à quelques jours du concours de légumes annuel organisé par Lady Campanula Tottington, surtout lorsqu'apparaît... un lapin-garou. Monstre végétarien, croqueur de cucurbitacées, tomates, courges et carottes, il sème la panique dans leur petit village. Les habitants, dignes portraits d'une Angleterre toujours décalée, sont plus abracadabrants les uns que les autres. Le maître et le chien endossent alors leurs costumes de héros, et, grâce à des accessoires dignes de l'inspecteur Gadget et à des idées loufoques, ils se lancent dans les péripéties les plus folles.

Nick Park joue avec la fiction populaire anglaise, sur un ton très "british", tout en parvenant à un humour et à des jeux de mots universels qui seront appréciés par tout public. Les plus jeunes s'attacheront aux deux protagonistes farfelus et les plus grands seront peut-être les plus réjouis : le film foisonne en effet de clins d'oeil au cinéma d'horreur et fantastique : Docteur Jekyl, Frankenstein, Massacre à la tronçonneuse, King Kong...

Financé généreusement par Dreamworks, façonné de manière originale, et non commerciale, par Nick Park, génie humoristique, le film, truffé de détails parfaitement impertinents, vaut le détour. La qualité de l'animation, le côté fait maison de la pâte à modeler, la mise en scène unique, la dynamique de l'ensemble créent un effet inattendu.

Ce chef-d'oeuvre contente tout le monde : Dreamworks court après les bénéfices, Nick Parck après le succès, le public après un bon moment de divertissement, et le lapin après la carotte...