Festival de Venise 2008


Cette année, la Mostra de Venise a été relativement décevante pour le public. Au milieu d'un océan de films assez moyens et parfois déprimants, quelques rares films ont sorti la tête de l'eau : Ponyo, le dernier dessin animé du japonais Myazaki, The Wrestler (lion d'or) de Darren Aronofsky, qui laisse de côté l'ambiance psychédélique de son film à succès Requiem for a dream pour se plonger dans l'univers physiquement et psychiquement ultra-violent du catch. Michel Rourke, inteprète principal du film y est épatant, ou Papier Soldier (lion d'argent, prix de la meilleure cinématographie ), un très beau film russe à l'esthétique parfaite dont l'ambiance glaciale nous prend au corps et les sentiments slaves des personnages nous réchauffent le coeur.

On retiendra également Teza (prix spécial du jury, prix du scénario), film germano-éthiopien qui met en scène l'histoire d'un éthiopien qui a émigré en Europe sans y trouver sa place, et qui décide de revenir vivre dans son village natal, en temps de guerre. L'acteur principal est parfois peu convaincant, mais l'histoire n'en reste pas moins très touchante.

Du côté des films indépendants, cette édition de la Mostra a placé sur le devant de la scène de nombreuses productions chinoises dénonciatrices ou simplement censurées. Cumcumber de Zhou Yaowu a également été l'une des découvertes agréables du festival. On y suit plusieurs personnages habitant un meme quartier, avec leurs joies, disputes et problemes actuels. Les portraits de ces personnages sont justes et bien dosés, on croirait presque à un documentaire. Ce film a evidemment été censuré en Chine, puisqu'on y parle de prostitution, de problemes d'argent, de mafia... Mais pas de politique, pourtant. Il suffit parfois de peu.

Du côté des français, Dominique Blanc a reçu le prix de la meilleur actrice pour sa prestation dans l'Autre, et Agnès Varda a ému le public avec les plages d'Agnès, un documentaire tout en douceur. Ayant cotoyé de nombreuses figures artistiques et cinématographiques du vingtième siècle, elle trace subtilement une histoire personnelle du cinéma à travers son autobiographie. Ces portraits sont loins d'être ennuyeux, son film est profond et sympathique.

Nous ne traitons ici que des films marquants de cette édition, le festival 2008 a été critiqué pour son caractère bancale, sa sélection incohérente, mais le choix du jury pour la remise des prix, lorsque l'on prend en compte l'ensemble des films en compétition reste intelligent et juste.

Lion d'or du meilleur film
The Wrestler de Darren Aronofsky (USA)

Lion d'argent du meilleur réalisateur
Paper Soldier de Aleksey German Jr. (Russie)

Prix spécial du jury
Teza de Haile Gerima (Ethiopie, Allemagne)

Meilleur acteur
Silvio Orlando pour Il papa di Giovanna de Pupi Avati (Italie)

Meilleur actrice
Dominique Blanc pour l'autre de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic (France)

Meilleure cinématographie
Alisher Khamidhodjaev et Maxim Drozdov pour Paper Soldier