Festival de Berlin 2004
Internationale Filmfestspiele Berlin

LES CRITIQUES
de notre envoyée spéciale, Clémentine Gallot

Cold mountain
Confidences trop intimes
Country of my skull
Beautiful country
Les Disparues
Monster
Tout peut arriver
Before sunset
Eleni
Feux rouges
Maria, llena eres de gracia

 

Conclusion du festival
de notre envoyée spéciale, Clémentine Gallot


« How I learned to relax and love the critics »

Les buildings translucides de la futuriste Potsdamer Platz forment un vaste complexe trônant au milieu d'un désert urbain. Siège du festival et d'un cinéma désenchanté où broutent en cœur des troupeaux de journalistes, au centre, culmine le café aseptisé Starbucks, ultime point de ralliement des stars et des bucks –l'argent en argot-.

La 54ème Berlinale s'est clôturée dimanche 15 février, au nez et à la barbe des festivaliers dépités. La compétition officielle était particulièrement gratinée cette année : si, dans l'ensemble, les français et les sud-américains s'en sont bien sortis, on ne peut pas en dire autant des autres candidats. Le lauréat, Head On, du jeune Fatih Hakin relate pesamment l'histoire de deux immigrés turcs sur fond d'autodestruction et de hard-rock. Les prix d'interprétation à Charlize Theron, Catalina Sandino Moreno et Daniel Hendler sont mérités et sans surprise. La venue de stars (Robin Williams, Ethan Hawke, Cate Blanchett, Jack Nicholson), les prises de position militantes des cinéastes (Ken Loach, Peter Fonda) n'ont pas suffi à satisfaire le désir insatiable des cinéphiles.

Heureusement, deux sections parallèles et plus indépendantes, Panorama et Forum, ont apporté quelque contentement (notamment avec Folle embellie de Dominique Cabrera).

La competition des Gay & Lesbian pictures ( récompensés par les Teddy Awards) a été, paraît-il, des plus réjouissantes.

Le point culminant de la semaine a été la rétrospective « New Hollywood 1967-1976 : trouble in Wonderland » qui projetait des films tels que la trilogie du Parrain, Badlands, Panic à Needle Park, Wanda, Easy Riders ou encore Chinatown. Ce retour en arrière aussi excitant que nostalgique était prolongé par la projection de films produits dans le cadre du Plan Marshall (Selling democracy) : outre quelques morceaux de propagande, on a pu voir Hearts and minds, excellent documentaire sur la guerre du Vietnam, filmé sur place par Peter Davis, vainqueur de l'Oscar en 1974, venu en débattre à Berlin.

Le festival, qui avait pris pour moi des allures de marathon, s'est terminé en course en solitaire.
Dans le train de nuit qui nous ramène à Paris, j'engage une conversation avec Serge Renko, le Triple Agent de Rhomer, passé incognito dans son wagon. Ayant été « fraîchement accueilli », il n'est pas prêt de revenir à Berlin. Moi si.