Le Festival Premier Plan
Du 20 au 29 janvier 2006, 18e festival d' Angers

Compte rendu d' Anaïs Jurkiewicz-Renevier

Chaque année depuis 18 ans, Angers célèbre son événement : le festival Premiers Plans. Cette manifestation présentant, entre autres, les premiers films de jeunes réalisateurs (ou moins jeunes), a acquis ses lettres de noblesse, assurant qualité et diversité. Ce succès est dû, d'une part au soutien que lui accordent de nombreuses personnalités, comme Jeanne Moreau, d'autre part à un programme varié.

Cette année, l'hétéroclisme était de mise : on a pu redécouvrir (ou découvrir) les films absurdes, désinvoltes, mais cruellement réalistes du danois Alex van Warmerdam, rendre un hommage à Louis Malle avec Jeanne Moreau et apprécier des bijoux d'animation : le preste Badgered de l'anglaise Sharon Colman ou l'excellent Svetlonoš du tchèque Václav Švankmajer. La Tchéquie a fait preuve d'un talent saisissant, puisque dans la catégorie « Premiers longs métrages européens », le film Stesti de Bohdan Slama a été doublement récompensé: grand prix du jury (ex-aequo avec Een Ander Zijn Geluk du belge Fien Troch) et prix du public. Ce panorama de l'innovation européenne cinématographique nous a donc présenté des réalisateurs prometteurs, comme Alex Pastor (prix du public pour son court métrage : La Rura Natural ) ou Perry Ogden (mention spéciale GNCR pour son long métrage Pavee Lacken).

Malgré quelques difficultés d'organisation pratique et technique, chapeau bas aux organisateurs qui nous ont fait profiter d'une sélection exceptionnelle. Révérence un peu moins basse aux jurés. On a en effet été déçu de voir primés des films qui manquaient parfois d'innovation : Vdvoyom, film prétentieux de Nikolaï Khomeriki (élève de la Fémis ), ou encore Elukka, de Tatu Pohjarvita, court métrage d'animation faisant furieusement penser, dans sa présentation graphique et dans son choix narratif, au Mystère du lapin Garou.

Néanmoins, nous sommes radieuses d'avoir découvert cette semaine des chefs d'oeuvre, qui, espérons-le, feront le cinéma de demain.